Emmanuelle Athimon, enseignante-chercheuse en sciences humaines et sociales au sein du LabISEN Nouvelle fenêtre, le laboratoire de recherche de l’ISEN Ouest, était l’invitée de l’émission « Le Cours de l’histoire » sur France Culture. Elle y a présenté ses travaux sur l’histoire du climat et plus particulièrement sur les tempêtes et submersions marines qui ont touché la façade atlantique au cours des derniers siècles.
Étudier le climat plusieurs siècles en arrière
Au cours de l’émission, Emmanuelle est notamment revenue sur le Petit Âge glaciaire, une période de refroidissement climatique qui s’étend sur plusieurs siècles entre la fin du Moyen Âge et l’époque moderne.
Si la diminution moyenne des températures à l’échelle globale est restée relativement modeste, ses manifestations ont pu être importantes : avancées glaciaires, hivers particulièrement rigoureux, mais aussi ponctués de périodes plus douces ou d’épisodes de sécheresse.
Emmanuelle s’est plus particulièrement intéressée, dans le cadre de sa thèse, aux tempêtes et submersions marines sur la façade atlantique française entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Ces recherches ont donné lieu à la publication en 2021 de l’ouvrage Tempêtes et submersions marines dans les territoires de la côte atlantique (XIVe-XVIIIe siècle), aux éditions Les Indes savantes.
Des archives pour retrouver la trace des tempêtes
Comment étudier ces phénomènes à une époque où les relevés météorologiques n’existaient pas ? Les historiens doivent rechercher les traces laissées par les événements exceptionnels dans les archives.
Dégâts sur les bâtiments ou les cultures, réparations nécessaires, dépenses engagées ou perturbations de l’activité : autant d’indices qui permettent de documenter les événements climatiques et leurs conséquences sur les populations.
Ces sources historiques peuvent ensuite être croisées avec des données issues des géosciences, notamment l’étude des sédiments côtiers. Une manière de reconstituer les événements extrêmes du passé, mais aussi de comprendre comment les sociétés les percevaient et s’y adaptaient.
Des recherches qui se poursuivent sur les extrêmes météo-marins
Outre les relations entre aléas météorologiques et oscillations climatiques du dernier millénaire, Emmanuelle mène des recherches sur les extrêmes passés (XVIIe/XVIIIe-milieu du XXe s.), en particulier les aléas météo-marins : recherches dans les fonds d’archives, identification d’événements (date, cadre spatial, caractéristiques), réanalyse de données météorologiques et comparaison modèles-données, reconstitution de conditions atmosphériques (vent, pression atmosphérique, état de mer, etc.), reconstruction de niveaux d’eau et de surcotes…
Depuis 2019, elle est membre du Groupe de Travail Tempêtes et Submersions (GT TSH), consortium qui implique plusieurs organismes parmi lesquels l’ASNR, le BRGM, le Cerema, le Shom, EDF, Artelia, l’Université de Poitiers, l’ISEN Ouest…, autant de partenaires qui sont également impliqués dans le projet ANR AMERAA « HistoricAl weather-Marine Events: Reconstruction and simulAtion to support Adaptation and decision-making » (2026-2030) que coordonne Emmanuelle.
L’intervention d’Emmanuelle Athimon est à retrouver dans l’émission « Le Cours de l’histoire », disponible en replay sur France Culture.
