Un rendez-vous original, mêlant sport, technologie et ingénierie, qui a réuni 16 équipes autour d’un même défi : consommer le moins d’énergie possible en parcourant 20 kilomètres en moins de 2 heures avec un vélo à assistance électrique.
L’objectif de la course n’était donc pas seulement d’aller vite. Chaque équipe devait surtout imaginer des solutions techniques pour optimiser le vélo fourni par l’organisation à l’autonme, identique pour tous les participants. Les étudiants pouvaient modifier de nombreux éléments, à condition de respecter le cahier des charges : conserver les composants obligatoires du vélo, comme le guidon, la selle, les freins ou les pédales, et ne pas ajouter de batterie supplémentaire. Recharge, économie d’énergie, allègement du vélo, aérodynamisme… toutes les idées étaient bonnes à explorer pour gagner en efficacité.
Une stratégie pensée comme un vrai projet d’ingénierie
Pour l’équipe de l’ISEN Ouest, le travail a commencé par une réflexion globale sur la performance du vélo. Les étudiants ont cherché à l’alléger au maximum, notamment en remplaçant la roue avant et la fourche. Ils ont aussi travaillé sur l’aérodynamisme, avec un changement de guidon et l’ajout d’un panneau en carton pour fermer une partie du cadre et limiter la résistance à l’air.
Mais leur principal atout reposait sur une idée particulièrement ingénieuse : réduire l’utilisation de l’assistance électrique. Sur ce type de vélo, l’assistance détecte la vitesse grâce au nombre de tours de roue. En ajoutant un aimant sur la roue, les étudiants ont modifié l’information envoyée au système : le vélo « pensait » avancer deux fois plus vite qu’en réalité. Résultat : l’assistance électrique se coupait dès 12,5 km/h, au lieu de 25 km/h habituellement. Une fois cette vitesse atteinte, le vélo fonctionnait donc sans assistance, ce qui permettait d’économiser fortement la batterie.


Une course sous contrôle, du stand au circuit
La journée a débuté vers 9h, avec l’arrivée des équipes sur place, l’installation dans les stands et la découverte des solutions imaginées par les autres participants. Avant le départ, chaque vélo devait passer devant le jury pour être homologué. Celui de l’équipe ISEN Ouest a été validé sans difficulté. Le niveau de batterie a ensuite été relevé afin de mesurer précisément la consommation pendant la course.
Le départ a été donné à 11h sur un circuit de 800 mètres. Pour atteindre les 20 kilomètres prévus, il fallait effectuer 28 tours. C’est Mathis Chartier, étudiant en 2e année, qui a pris le départ pour l’équipe et mené le vélo jusqu’à l’arrivée.
La stratégie était claire : atteindre rapidement une vitesse supérieure à 12,5 km/h, afin que l’assistance électrique s’arrête et que le vélo consomme le moins d’énergie possible. Un choix payant, puisque l’équipe a terminé la course avec seulement 5 % de batterie consommée entre le départ et l’arrivée. À titre de comparaison, sans modification, la consommation aurait pu dépasser les 50 % de batterie utilisée.

Une première participation prometteuse
Cette performance témoigne de l’ingéniosité des étudiants du club En roue libre. Même si cela n’a pas suffi pour se hisser sur le podium — certaines équipes ont réussi à terminer avec davantage de batterie qu’au départ grâce à des systèmes de recharge solaire — l’équipe ISEN Ouest repart avec une expérience précieuse.
Au-delà du classement, cette participation illustre parfaitement ce que les étudiants peuvent développer au sein des clubs et projets associatifs : esprit d’équipe, sens de l’innovation, expérimentation, analyse technique et capacité à transformer une idée en solution concrète. Cette première édition du Cygo e-bike marathon a déjà donné envie aux étudiants de poursuivre l’aventure. Le prochain cahier des charges sera annoncé en septembre, et l’équipe du campus de Nantes est motivée pour reprendre le projet l’an prochain, avec de nouvelles idées et l’ambition de faire encore mieux.
